Décodons ensemble les étiquettes.
Pour un producteur d’huile d’olive, il est toujours intéressant d’observer la diversité des messages publicitaires, qui reflètent parfois des approches très différentes de celles des artisans.
Aujourd’hui, la transparence devient un véritable atout, surtout lorsque l’on valorise pleinement l’origine et la qualité de son sourcing.
À savoir :
Les offres très attractives peuvent parfois correspondre à des produits plus simples. Chacun choisit selon ses attentes, mais il est utile de garder en tête que la qualité dépend de nombreux facteurs, indépendants de la communication.
Décodons ensemble les étiquettes :
Certaines mentions méritent une attention particulière. Par exemple, les produits indiquant « mélange d’huiles raffinées et vierge extra » contiennent généralement une majorité d’huile raffinée et une petite proportion de vierge extra simplement destinée à apporter couleur et goût. Le raffinage utilise des procédés et des produits chimiques spécifiques (comme ceux employés pour d’autres huiles végétales), que l’on peut facilement consulter en ligne pour mieux comprendre leur fonctionnement.
De grandes marques et des marques de distributeurs proposent ce type de produit, parfois sous des appellations évoquant la finesse. Chaque consommateur doit s'informer sur les différents procédés d'extraction des huiles d'olive pour bien décoder les étiquettes et ainsi choisir en connaissance de cause.
Les huiles simplement dites « vierges » — et non « vierges extra » — sont également disponibles, notamment lors de promotions. Elles conviennent très bien à un usage culinaire.
Les bases pour reconnaître une huile vierge extra (Décodons ensemble les étiquettes) :
Il est utile de rechercher la mention :
« Huile de catégorie supérieure, obtenue directement des olives et uniquement par des procédés mécaniques »,
qui remplace l’ancienne indication « première pression à froid ».
Une huile d’olive vierge extra répond à trois critères essentiels :
- Une acidité inférieure à 0,8 %, sachant que certaines huiles haut de gamme présentent des taux très bas (0,2 à 0,3 %), témoignant de la qualité des fruits et de la rapidité de leur transformation en huile.
- Un indice de peroxyde faible, indicateur d’une faible oxydation (souvent autour de 6 à 8 pour les huiles de l’année). Il témoigne de la fraîcheur de l'huile, l' huile d'olive fraîchement extraite (péroxyde donc oxydation faible environ 6) ou plus vieille (péroxyde 12 à 15).
- Une dégustation validée par un jury agréé COI, confirmant l’absence de défauts majeurs.
Mais les marques ne communiquent généralement pas ces critères essentiels au consommateur car ils sont changeants d'une cuvée à l'autre et peuvent se dégrader à cause d'un mauvais stockage par exemple, l'huile d'olive est fragile.
Ces exigences expliquent pourquoi certaines huiles peuvent être reclassées lors de tests spécialisés. C’est aussi pour cela que nous mettons nos analyses en ligne : pour offrir une transparence totale au consommateur.
À propos des mentions et des origines :
Certaines formulations peuvent prêter à interprétation, comme « les récoltes bio », parfois associées mentalement à une origine française. En réalité, les huiles biologiques de grande distribution proviennent le plus souvent de mélanges UE/non-UE.
Pour une huile bio française, il faut généralement se tourner vers les moulins, où ces cuvées restent rares et couteuses.
L’origine doit apparaître clairement sur l’étiquette, même en petits caractères.
Les huiles d’olive reconnues pour leur qualité proviennent fréquemment d’Espagne (notamment d’Andalousie), d’Italie ou de Grèce. Elles portent alors la mention « origine Italie », « Espagne », « Grèce » ou « UE ».
Les huiles d'olive marquées UE/NON UE proviennent de mélanges Europe/Afrique du Nord et notamment Tunisie, mais il est difficile de donner plus de précision sur leur origine, la mention étant trop vague.
Un dernier conseil, mais pas le moindre : la dégustation !
Après avoir bien lu les étiquettes, et s'il vous reste une hésitation entre deux produits aux mentions proches, faites l'effort d'acheter les deux, et de goûter à l'aveugle avec votre entourage, vous serez étonné de découvrir que votre palais est un merveilleux outil qui saura débusquer les arômes et les saveurs, vous trouverez votre huile d'olive préférée facilement !
Comment « goûter » de l'huile d'olive ?
Lors des concours, les échantillons sont dégustés légèrement chauffés dans des verres bleutés (ou à la petite cuillère). Tout d'abord on sent les arômes. Une fois l'huile en bouche, on la fait passer autour de la langue en aspirant un peu d'air, comme pour le vin, puis on la garde en bouche quelques secondes, puis on l'avale, elle peut gratter au passage si elle est poivrée, ensuite demeure un bon goût d'olive, après que chacun a senti l'artichaut, la banane, les notes herbacées de la picholine. Plus ou moins ardente, plus ou moins douce, au fur et à mesure des dégustations vous devenez connaisseur et exigeant.
Les vacances découvertes :
Enfin tous les moulins seront heureux de vous accueillir et de vous faire découvrir leurs crus et leur terroir. Il existe plus de 100 variétés d'olives en France et en Europe du sud, quel beau voyage pour vos papilles !
Décodons ensemble les étiquettes.










